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Rachat de soulte : la solution pour conserver son bien immobilier après un divorce​

Maison de M. et Mme Martin à Séné - rachat de soulte

Vous traversez un divorce et souhaitez conserver votre logement ? Le rachat de soulte est la solution juridique qui vous permet de devenir seul propriétaire en rachetant la part de votre ex-conjoint.

Explication, financement, démarches : voici tout ce que vous devez savoir pour aborder votre rachat sereinement.

Qu'est-ce qu'un rachat de soulte ?

Le rachat de soulte est une opération financière permettant de racheter la ou les parts de ses cohéritiers ou de son ex-conjoint d’un bien immobilier lors d’une succession ou d’une séparation, afin de conserver le bien immobilier.

Cette opération met fin à l’indivision sans passer par une vente, ce qui permet de rester dans son logement tout en assurant un partage équitable du patrimoine.

Le rachat de soulte intervient dans deux situations :

  • Le divorce ou la séparation : l’un des deux membres du couple souhaite conserver le bien immobilier commun.
  • La succession : l’un des héritiers souhaite conserver le bien et en devenir l’unique propriétaire.

Comment financer un rachat de soulte ?

C’est la question centrale pour la majorité des personnes concernées. Plusieurs solutions existent selon votre profil et le montant à financer : 

1. Le paiement comptant : Si vous disposez d’une épargne suffisante, c’est la solution la plus simple et la moins coûteuse (pas d’intérêts). Elle est cependant rarement accessible pour des montants importants.

2. Le prêt immobilier : Pour des montants supérieurs à 75 000€, le prêt immobilier est la solution la plus adaptée. Il offre des durées longues (15 à 25 ans) et des taux généralement plus avantageux que les crédits à la consommation. La banque finance simultanément : le montant de la soulte à verser et le solde du prêt immobilier commun existant (si besoin de refinancement).

3. Le regroupement de crédits : C’est souvent la solution la plus intelligente lorsque vous avez plusieurs crédits en cours au moment du divorce. Le regroupement de crédits permet d’intégrer en un seul financement le montant de la soulte, le solde du prêt immobilier et, si vous en avez, d’autres crédits en cours. 

Les avantages du regroupement dans ce contexte :

  • Une seule mensualité adaptée à votre nouveau budget de vie en solo.
  • Un taux d’endettement maîtrisé  condition indispensable pour que la banque accepte la désolidarisation et le nouveau montage.
  • Un accès à une trésorerie complémentaire si nécessaire (frais de notaire, travaux de rénovation, etc.).
  • Une visibilité financière à long terme dans une période de vie déjà chargée émotionnellement.

Comment se déroule un rachat de soulte ?

  1. Évaluation du bien immobilier : Une estimation du bien immobilier doit être réalisé par un professionnel indépendant. Cette estimation servira de base de calcul pour la soulte et doit être acceptée par les deux parties.
  2. Accord entre les parties : Le montant de la soulte, les conditions de paiement et la répartition des frais doivent faire l’objet d’un accord amiable, idéalement assisté par un avocat ou un notaire pour chacune des parties.
  3. Obtention du financement : Constituez votre dossier de financement : revenus, charges, situation professionnelle, devis de remboursement. Un courtier en regroupement de crédits peut vous accompagner pour comparer les offres et optimiser votre montage financier.
  4. Signature chez le notaire : Une fois le financement accordé, la signature de l’acte de partage se fait obligatoirement chez le notaire. C’est à ce moment que les droits de partage et les frais sont réglés.
  5. Désolidarisation du prêt (si applicable) : Si l’ancien prêt commun est maintenu (avec désolidarisation), la banque doit donner son accord. Si elle refuse, un refinancement global est nécessaire. Un courtier peut également vous assister dans cette démarche. 

Exemple concret d'un rachat de soulte après un divorce :

M. et Mme Martin ont acheté ensemble une maison à Séné en 2010 pour un montant de 300.000€, financé par un prêt immobilier souscrit à deux. 

En 2015, le couple divorce. Lors de la procédure, Mme Martin exprime le souhait de conserver le logement familial afin d’y rester avec leurs enfants. M. Martin accepte cette proposition et les deux parties s’accordent sur le principe d’un rachat de soulte dans le cadre d’un divorce par consentement mutuel. 

Comme le prévoit la procédure, un expert immobilier est mandaté pour estimer la valeur du bien au moment du divorce. Après expertise, la maison est évaluée à 350.000€. À cette date, le capital restant dû sur le prêt immobilier est de 180.000€. La valeur nette du bien est donc calculée de la manière suivante : 350.000€ (valeur du bien) – 180.000€ (capital restant dû) = 170.000€

Chaque époux étant propriétaire à 50%, la part revenant à M. Martin correspond à : 170.000€ ÷ 2 = 85.000€.  Mme Martin doit donc dédommager son ex mari à hauteur de 85.000€.

→ Attention, la soulte ne correspond pas nécessairement au montant total à financer. En conservant le bien seul, Mme Martin doit également reprendre à sa charge le crédit immobilier restant, soit 180.000€.

Pour réaliser cette opération, elle contracte un nouveau prêt d’un montant de 265.000€. Après étude de sa situation financière, Mme Martin obtient un nouveau prêt lui permettant de financer l’opération. Dans le cadre de ce rachat de soulte, la banque a accepté un taux d’endettement pouvant aller jusqu’à 45%, conformément aux possibilités offertes dans certains dossiers présentant un reste à vivre suffisant. Grâce à ce financement, Mme Martin devient l’unique propriétaire de la maison de Séné et peut conserver son cadre de vie familial.

Vos questions fréquentes :

Le divorce doit-il être prononcé avant de racheter la soulte ?

Pas nécessairement. Il est possible de procéder au rachat de soulte pendant la procédure de divorce, mais l'acte de partage chez le notaire doit en général attendre que le divorce soit au moins en bonne voie. Dans le cadre d'un divorce par consentement mutuel, les époux peuvent signer l'acte de liquidation du régime matrimonial en même temps que la convention de divorce.

Que se passe-t-il si je ne peux pas payer la soulte ?

Si vous ne pouvez pas financer le rachat, plusieurs options s'offrent à vous : Rester en indivision temporairement avec votre ex-conjoint, le temps de trouver un financement. Vendre le bien et partager le produit de la vente. Recourir au regroupement de crédits, qui permet souvent d'intégrer la soulte dans un montage global plus accessible qu'un prêt immobilier.

La soulte est-elle imposable pour celui qui la reçoit ?

Dans le cadre d'un divorce, la soulte reçue n'est pas imposable à l'impôt sur le revenu. Elle est considérée comme le produit du partage d'un bien commun, et non comme un revenu ou une plus-value taxable.

Est-il obligatoire de faire appel à un notaire pour un rachat de soulte ?

Oui, pour tout rachat de soulte portant sur un bien immobilier, le recours au notaire est obligatoire. Il est le garant de la sécurité juridique de l'opération et enregistre l'acte de partage.

Peut-on négocier le montant de la soulte ?

Les ex-conjoints sont libres de s'entendre sur un montant différent de l'estimation officielle du bien, à la hausse comme à la baisse. Cela reste cependant encadré : si le montage est manifestement déséquilibré, il peut être contesté ultérieurement.

Un crédit vous engage et doit être remboursé. Vérifiez vos capacités de remboursement avant de vous engager.

Aucun versement de quelque nature que ce soit, ne peut être exigé d’un particulier, avant l’obtention d’un ou de plusieurs prêts d’argent. La réduction dépend de la durée restante des prêts rachetés. La diminution du montant des mensualités entraîne l’allongement de la durée de remboursement et majore le coût total du crédit. 

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Mis à jour le 23 juin 2026 ← Toutes nos actualités